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Extrait : « Elisabeth Borne, avait déjà exprimé le souhait de voir apparaître de tels péages, sur le même principe qu'à Londres ou à Milan, en levant les restrictions qui figurent aujourd'hui dans la législation » : bref, on fait sauter Crit’Air pour engranger un péage…

Info relayée par à peu près toute la presse… dont une réflexion intéressante dans Les Echos (cf . Partie de droite de cet article)

 

 [ Source : Challenges.fr ]

Les grandes villes vont être autorisées à créer des péages urbains

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Le gouvernement s'apprête à faciliter la création de péages urbains dans les grandes agglomérations. La mesure est potentiellement explosive. 

Allez-vous devoir bientôt être taxé pour avoir le droit d'atteindre le centre-ville de votre agglomération ? Le gouvernement s'apprête en tout cas à faciliter la création de péages urbains dans les grandes agglomérations avec un tarif plafonné à cinq euros pour les voitures particulières et les utilitaires commerciaux, selon une version de l'avant-projet de loi d'orientation des mobilités publiée mercredi par le site d'information Contexte.

La ministre des Transports, Elisabeth Borne, avait déjà exprimé le souhait de voir apparaître de tels péages, sur le même principe qu'à Londres ou à Milan, en levant les restrictions qui figurent aujourd'hui dans la législation. Très attendue par les professionnels des transports mais reportée plusieurs fois depuis le premier semestre, la loi d'orientation des mobilités devrait être présentée en novembre, selon le dernier calendrier donné par le gouvernement.

"Une mesure de ségrégation"

"Dans les agglomérations de plus de 100.000 habitants, une taxation des déplacements effectués au moyen de véhicules terrestres à moteur, dénommée 'tarif de congestion', peut être instituée par l'autorité organisatrice de la mobilité", est-il écrit dans l'un des articles. Ces péages ont pour objectifs de "limiter la circulation automobile et lutter contre la pollution et les nuisances environnementales". L'argent ainsi récolté ira aux collectivités locales, qui seront libres de définir le périmètre des zones soumises à péage et les tarifs.

L'avant-projet prévoit toutefois un plafond, fixé pour les véhicules légers à 2,50 euros dans les agglomérations de plus de 100.000 habitants et à cinq euros dans les villes de plus de 500.000 habitants, avec la possibilité d'instaurer des forfaits. Les personnes vivant ou travaillant à l'intérieur des zones de péage pourront éventuellement être exemptées ou bénéficier de réductions. 

La mesure est potentiellement explosive. Certes, le péage urbain est présenté par les spécialistes des transports comme l'un des seuls moyens efficaces pour réduire la congestion et la pollution. Mais cette solution est finalement toujours repoussée par les décisionnaires à cause de son aspect supposément pénalisant pour les habitants des banlieues. A Paris Anne Hidalgo, s'est à plusieurs reprises prononcée contre ce dispositif à l'entrée de la capitale, estimant qu'il s'agirait d'une "mesure de ségrégation, de cloisonnement et de punition pour les habitants de la métropole parisienne".

 

Seul Lille envisage aujourd'hui la mise en place d'un péage urbain, mais inversé : les utilisateurs qui éviteraient d'utiliser leur véhicule en heure de pointe, se verront rémunérer de 1 à 2 euros par trajet. 

(Avec AFP)

 

[  Source : Les Echos ]

Pour le péage urbain

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Dans la boîte à outils de la lutte contre la congestion et la pollution urbaines, le péage est l'outil le plus efficace. A condition de l'inscrire dans un projet ambitieux d'investissements pour la mobilité.

La loi devrait bientôt autoriser le péage urbain dans les grandes villes françaises. C'est une bonne nouvelle. Il y a trop de voitures dans les centres urbains, trop de bouchons. Cette saturation a deux effets catastrophiques. Elle engendre une pollution qui tue des milliers de femmes et d'hommes par an. Et elle fait perdre des millions d'heures à tous ceux qui sont prisonniers de longues heures des voitures, des camionnettes, des bus. Pollution et congestion sont devenues les deux fléaux de la mobilité urbaine.

Interdictions contournées

L'augmentation des voies de circulation, pratiquée jusque dans les années 1980, a attiré encore plus de voitures. Leur diminution, appliquée avec zèle dans une ville comme Paris, a encore accru la congestion avec des effets discutables sur la pollution. L'interdiction des voitures les plus polluantes est peu efficace et injuste. Les propriétaires de ces véhicules anciens sont logiquement les Français les moins aisés. Et une voiture électrique prend autant de place qu'une voiture diesel.

D'autres formes d'interdiction, fondées par exemple sur les plaques d'immatriculation (les numéros pairs autorisés à circuler seulement les jours pairs) sont relativement peu efficaces et largement contournées.

Comme le montrent de nombreux exemples étrangers, le péage est l'instrument le plus performant pour lutter à la fois contre la congestion et la pollution. Singapour a ouvert la voie en 1975. Bien d'autres villes ont suivi, dans des pays du sud de l'Europe comme du nord, dans des pays de tradition libérale et d'autres de tradition plus sociale-démocrate.  Londres a montré les limites d'un système cher et resserré sur l'hypercentre.  Stockholm a prouvé l'utilité d'un système moins coûteux sur une aire plus vaste.

 

Tarif plafonné à 2,50 euros

Dans  une note publiée récemment par la Fondation pour l'innovation politique, le consultant Jean Coldefy préconise ce dernier type de tarification, assorti d'exonérations pour les faibles revenus. Le projet de loi d'orientation des mobilités semble choisir cette direction, avec un tarif plafonné à 2,50 euros (5 euros dans les plus grandes villes, contre plus de 20 euros à Londres).

Le péage urbain est une bonne solution... à condition d'être une composante d'un vaste projet. L'argent doit impérativement être fléché vers les investissements indispensables pour améliorer les mobilités urbaines : développement des transports en commun bien sûr, mais aussi outils de gestion du trafic, construction de voies réservées et de pistes cyclables, parc-relais à l'entrée des agglomérations, système unique de paiement... Il ne suffit pas de faire rentrer l'argent pour améliorer la mobilité urbaine. Il faut aussi savoir le dépenser.

Jean-Marc Vittori
@jmvittori